Lettre d’ouverture : lancement de SYSA
Lettre d’ouverture : lancement de SYSA

Quelques constantes : une pression à la baisse des frais de gestion ininterrompue, une réglementation de plus en plus exigeante, une offre de données extra-financières toujours aussi hétérogène, de multiples tensions, et un débat qui ne se referme pas : l’intégration extra-financière crée-t-elle ou détruit-elle de la valeur financière ?
En parallèle, côté offre sur les actions cotées, les flux restent majoritairement dirigés vers les ETF et assimilés, la bête noire des gérants actifs traditionnels. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne pour autant. Les ETF passifs dits « ESG » ont subi des décollectes importantes, pour deux raisons au moins : une tracking error élevée par rapport aux indices traditionnels, ayant conduit à des phases de sous-performance marquées, et l’émergence d’une cannibalisation interne, avec l’apparition d’indices filtrés à faible tracking error, répliqués par des ETF et fonds indiciels intégrant des critères extra-financiers et permettant de contenir le risque de sous-performance, tout en répondant aux cahiers des charges standardisés (ex : CTB, PAB). À cela s’ajoutent les fameux ETF « actifs », qui ont commencé à prendre leur part du marché, en promettant un alpha net sous contrainte extra-financière.
Les gérants traditionnels n’ont pas abdiqué pour autant. L’exercice est coûteux : il faut par exemple démontrer à la fois une capacité à battre le marché et une rigueur extra-financière éloignée du greenwashing. Cela mobilise des ressources significatives (données, moyens humains, infrastructure technique), un exercice complexe dans une industrie poursuit sa consolidation. La progression des ETF, et donc de l’oligopole des grandes maisons de gestion capables d’en émettre à frais compétitifs, semble donc difficile à enrayer. Le temps nous le dira.
Entre ces deux pôles, il existe un espace. Mais il ne peut être occupé que par des acteurs agiles, capables de structurer des solutions d’investissement sur mesure, avec des tickets d’entrée faibles et des frais de gestion contenus, sans compromis sur le plan extra-financier.
C’est dans cet espace que SYSA s’est construit.
Je travaille depuis plusieurs années sur la conception de stratégies d’investissement systématiques sur actions cotées, avec l’intégration de critères extra-financiers comme fil directeur. Ma posture est celle d’un praticien qui mesure avant de conclure. Un point revient systématiquement dans ma démarche : quel est l’impact réel de l’intégration extra-financière sur le financier ? Qu’introduit-on, concrètement, en ajoutant par exemple un indicateur ESG, en modifiant un seuil, en changeant d’univers ou d’indice de référence ? Ces questions méritent d’être rigoureusement testées, mesurées, documentées, pas tranchées par conviction ou par facilité.
Beaucoup d’investisseurs professionnels ne disposent pas des ressources pour analyser l’impact de l’intégration extra-financière, que ce soit sur leurs propres investissements ou sur ceux de leurs clients, envers lesquels ils ont pourtant une responsabilité fiduciaire. Ils font alors des compromis, ce qui revient souvent à revoir leurs exigences à la baisse. Ils savent pourtant ce qu’ils veulent ou ne veulent pas financer, mais face à une offre standardisée qui ne correspond qu’imparfaitement à leur doctrine, ils n’ont pas toujours de meilleure option. Les grands indices ESG généralistes ne reflètent pas nécessairement leurs convictions propres.
SYSA est là pour montrer qu’il est possible de concilier objectifs extra-financiers et financiers, à un coût proche de celui des ETF, avec la personnalisation et l’accompagnement en plus. Une offre fondée sur l’investissement systématique et sur une plateforme de backtest propriétaire, permettant de traduire des cahiers des charges extra-financiers exigeants en portefeuilles modèles robustes et réplicables, dans des délais très compétitifs.
Au prochain épisode, nous entrerons dans le vif du sujet avec un exemple concret d’intégration extra-financière, et nous prendrons les énergies fossiles comme premier terrain d’analyse. Un sujet qui cristallise, à lui seul, les tensions entre les principaux acteurs de la place financière : émetteurs, banques, assureurs, sociétés de gestion, ONG, associations, et qui pour cette raison, s’impose comme point de départ naturel.
En attendant, une question à laisser reposer, si vous êtes investisseur professionnel et que vous avez, vous ou vos clients, des objectifs extra-financiers : vos investissements actuels sont-ils réellement alignés avec ces objectifs ?
À bientôt, et pour ne rien manquer des prochains épisodes, inscrivez-vous à la newsletter SYSA en renseignant simplement votre adresse email.
Naïm Allahoum, CFA, fondateur de SYSA
